vendredi 19 mai 2017

Quand le chat de gouttière s'invite sur le blog [7] : Ru

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Titre: Ru
Auteur: Kim Thúy
Maison d'édition: Liana Levi
Année d'édition: 2012
Nombre de pages: 148 pages
Prix: 9€



Bonjour les chatons ! Gouttière est de retour. J’étais parti en voyage, direction le Viêt-Nam. D’ailleurs, le livre dont je vais vous parler n’en est pas étranger.

La narratrice raconte dans de brefs chapitres les souvenirs de son périple entre son Viêt-Nam natal et son Québec actuel.
Elle était un boat-people d’à peine dix ans, après que le Viet-Nam fut pris d’assaut par les armées communistes d’Hô Chi Minh. Les soldats rouges spolièrent la maison de ses parents. Ceux-ci durent vivre dans un camp de réfugiés en Thaïlande où les gens logeaient à dix, douze dans une cabane. Ils émigrèrent ensuite au Québec et s’installèrent à Montréal. Là, ils durent faire face à la condescendance des « parrains » canadiens, riches charitables qui leur donnaient ce qu’ils ne portaient plus. Elle fut ainsi plus étonnée qu’honteuse quand elle comprit que les pantalons offerts à son père étaient des pantalons de dame.
On ne ressent pas de la haine chez la narratrice, peut-être de l’amertume face à la bonté de façade au Québec et à la rudesse de là-bas.
Ce livre m’a beaucoup plu car il se veut un témoignage, un récit de vie, mais très bien documenté sur le plan historique. L’auteur n’a pas vécu tous les événements qu’elle raconte mais on perçoit qu’elle s’est approprié cette page de l’Histoire.
A côté de cette rigueur intellectuelle quant aux faits, Kim Thùy se permet quelques élans poétiques quand elle parle de son fils autiste ou d’autres membres de sa famille.
A mes yeux, son récit trouve écho dans la réalité et la détresse auxquelles sont confrontés les réfugiés d’aujourd’hui, tout comme l’ont été les milliers de boat-people il y a plus de quarante ans.
L’auteur nous fait réfléchir sur notre relation aux pays en guerre, aux victimes de ces conflits et, en définitive, à notre degré d’’hospitalité envers les personnes qui fuient leur pays natal, pour un Eldorado plus qu’hypothétique.


Pour le prochain les Chatons, je vous emmène au Liban.

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